Merzhin

Dans un environnement dominé par une culture formatée, peu d’artistes osent encore prendre position. Ce n’est pas le cas de Merzhin, groupe engagé, dont chaque album est le reflet de la société du moment.

Avec Nomades, son 7ème album, Merzhin livre un formidable plaidoyer humaniste, prônant l’ouverture d’esprit et le brassage des cultures. Le retour des instruments traditionnels bretons pour accompagner les guitares furieuses du groupe, ainsi que la présence de Kemar de No One Is Innocent sur la chanson éponyme illustrent parfaitement ce propos.

Album plus introspectif et poétique que les précédents, Nomades permet à Merzhin de prendre de la hauteur à grands coups de riffs effrénés.

Vidéos

Merzhin feat. Kemar (No One Is Innocent) - Nomades

Biographie

2016, Merzhin entre dans le club très fermé des groupes encore en activité après 20 ans de carrière et nous offre Babel comme une manière de dire « j’ai 20 ans, je n’ai plus rien à prouver et encore beaucoup à dire ».

Comme si le groupe avait pris un recul gigantesque sur la vie, sur la condition de l’homme avec ses peurs, sa relation à l’autre (« À travers toi »), ses contradictions, son infamie (« La planète », « Apocalypolitico ») et ses dangers. Babel s’écoute comme on lirait un carnet de voyage initiatique.

Les musiques sont brutes et rugueuses comme jamais (« La traque »), et tout aussi paradoxalement, les textes sont emplis d’une philosophie et d’une sagesse peu communes (« Conquistador »). On sort de cet album avec l’impression d’avoir été au cœur d’un rite chamanique au mezcal.

Avec ce 6ème album le groupe se livre en profondeur, et n’hésite pas à lever le voile sur ses modèles et ses inspirations (« Muhammad Ali »), mais également sur les difficultés et nos démons tel un prisme  (« Babel »). L’écriture est léchée et quasi cinématographique (« Be Bope Lula »).

C’est à se demander si, comme l’évoque la pochette de l’album, ce disque n’a pas pu être conçu tel un labyrinthe, sollicitant de nombreuses écoutes avant d’en saisir avec précision l’ensemble des subtilités, la portée réelle des images et les nuances des métaphores.

Merzhin a 20 ans et continue pour autant à évoluer et à se bonifier. Les tournées aux quatre coins du monde et le millier de concerts n’ont pas eu raison du groupe. Au contraire, ils n’ont fait que renforcer sa détermination, son esprit d’indépendance, et sa soif de liberté. Le discours est clair : « Ouvre les yeux, prends conscience des absurdités du monde et bats-toi pour en défendre la beauté ».

Merzhin, plus que majeur, est aujourd’hui une entité revendiquant mieux que jamais un point de vue et un regard sur le monde. L’oeil ornant la pochette du disque est bel et bien là pour le rappeler. C’est résolument plus qu’un groupe de rock, il en a le fond, la forme et encore mieux (« La Planète »).

Release(s)